15 février 2008
BLING BLING...
La moiteur de la forêt Guyanaise avait déjà embrumé le cadran de sa Rolex.
Enjambant à grand peine les racines des fromagers qui affleuraient sur le sol
mousu, il marmonnait depuis des heures son irritation sur le temps perdu à
arpenter ces contrées hostiles. S’il atteignait l'Oyapock, la frontière entre
la Guyane et le Brésil, il trouverait un refuge amical dans la grande tradition
de l’exil brésilien en vogue en Europe depuis les années 40.
Lutte contre la pollution, classement en parc naturel protégé, modification du code
de procédure pénale contre l'orpaillage clandestin… « mon
cul ! », pensait-il… il allait « leur envoyer les commandos et
le GIGN dans la gueule, à ces bouseux défoncés aux rhum ! ». Le peu
de contrôle qu’il exerçait sur ses nerfs était tout entier tourné vers la
chaleur supplémentaire que produisait son irritation et, nonobstant les
attaques répétées des moustiques, il se serait bien débarrassé du veston et de
la cravate que sa jeune épouse avait choisi avec soin. Comment pouvait-il se
retrouver seul et perdu dans ce paradis de la malaria quand il ne devait que
superviser pour TF1 le déploiement de l’opération « Harpie » contre
les voleurs d'or? Les orpailleurs lui faisaient de l’ombre. S’attaquer à l’or
local, c’était s’attaquer au pays, et le pays, c’était lui ! Le pillage
n’était pas dans ses habitudes, du moins pas à la place du pigeon…
Le Super-Frelon s’était écrasé peu de temps après son décollage de la piste de
Camopi, un village amérindien frontalier du Brésil. Nicolas commençait tout
juste à respirer au fur et à mesure qu’il s’envolait loin des plumes qui
couronnaient les autorités locales. Ils avait survécu à la traversée en pirogue
de la rivière, Camopi elle aussi, à la promiscuité pittoresque d’individus sommairement
vêtus de pagnes rouges et chaussés de baskets bon marché qui n’avait pas joggé
depuis des lustres. Le poulet boucané n’avait que faiblement perturbé son
intestin aguerri aux sushi et œufs de poissons les plus divers et la chaleur
étouffante alliée à l'humidité ambiante n’avait fait que lui rappeler les
hammams et saunas des villas californiennes, les relents de moisi et de fumier
en moins. Il lui tardait déjà de retrouver le confort et la sécurité familière
du yacht amicalement prêté qui mouillait au large de la côte guyanaise.
« Ca, c’est palace ! » se réjouissait-il… c’était sans compter
les caprices du petit personnel ! Il se crut d’abord pris dans un trou
d’air lorsqu’il entendit dans son casque le pilote hurler entre deux sanglots
« Carla !!!!! Pourquoi tu m’as quitté ?!!! », avant de
plonger l’appareil vers l’enfer vert !
En s’extrayant de la carcasse de l’hélicoptère, il savourait déjà la tête du
Directeur des Renseignements Généraux qui pouvait d’ors et déjà numéroter ses
abatis ! Confier les commandes de l’hélicoptère présidentiel à un ex
quelconque de la première Dame n’étais certes pas un signe de compétence, même si en tenir la liste à jour pouvait
relever de la gageure quelque soit le zèle que pouvait y mettre le service en
charge du dossier. « Ah, ces fonctionnaires ! Ca n’arrivait pas avec
le S.A.C de Charles… le privé, il n’y a que ça de vrai ! ».
La mélodie saccadée de Famas le tira de sa rêverie réconfortante. Des Uzis
reprenaient le refrain. Les chœurs se rapprochaient pour des variations en
rapport à l’hallali. Les commandos furtifs ne l’étaient plus et les orpailleurs
étaient sur les dents jusqu’auxquelles ils étaient armés. Avec l’arc et les
flèches amérindiennes offertes par le chef du village, Nicolas se sentit
soudain plus nu qu’avec un pagne baillant au vent. Déshydraté, cuit par le
soleil et paralysé par la peur, il cherchait à qui faire payer l’outrage de se
retrouver tout nu et tout bronzé par 40° C alors qu’il avait cassé ses
Ray-Ban ! Aucun ami dictateur de l’Est ou du Sud pour lui porter
assistance, pas l’ombre d’un héros hollywoodo-scientologue pour mener à bien
cette impossible mission : la Cité des 4.000 commençait à lui manquer. Il
allait devoir défendre chèrement sa peau, peut être même au prix de sa Rolex,
de sa chevalière et de sa chaînette en or.
Une rafale coupa en brosse la haie de lianes au dessus de sa tête. Il
n’eut pas le temps de se jeter au sol de son plein gré, trop vite plaqué sur la
mousse par 2 individus de type peu blanc sentant fort la sueur ancienne. Son
accoutrement étonna suffisamment longtemps le troisième larron qui le mettait
en joue pour que Nicolas eut la présence d’esprit de lui proposer :
« Gagner plus, ça vous dirait ? ».
Commentaires
Tus des pourris, surtout lui !
Et en plus, cela pourrait être vrai...
C'est pour de rire ? Hein ?
N'empêche que je trouve qu'il y a une idée à creuser sur le coup du crash de l'hélico. En prime, on pourrait y invité Hortefeux ?
Mieux que l'hélico
Y a aussi le voyage en car dans les cols de montagne, très à la mode il y a quelques années, et aussi très efficace et rapidement classé sans suite...
The rainbow warrior, le retour !
Il y a bien le frère de Ségolène Royal qui était spécialisé dans le pétage de bateaux.
Avec un pneumatique et deux bouteilles de gaz : BOUM, le joli bateau de Bolloré.... Non plus ?
Prise d'otage d'école
Dommage qu'il n'ai pas été maire d'une commune en Russie sous Poutine. IL se serait déplacé pour faire le mariolle devant l'école et l'armée aurait tout fait péter !
Pas les gosses !
Beslan, il y a eu 600 morts et que des innocents !
Il faut trouver autres choses.
L'hélico c'était bien....
Alexandre Litvinenko
La rollex contaminée au polonium !
Cela pourrait fonctionner.
autre méthode soviétique
A l'ancienne, y a la visite guidée à Tchernobil
