14 mai 2009
L'EAU FERRU...
J'avais la pêche au début des 90's!
ETHYLISME
Dans les zoos urbains
noyés de pluies acides
où tout jusqu'au suicide
finit par sembler vain,
dans le fond des impasses
où meurent à petit feu
des homoncules malheureux
à coup d'un verre et passe,
là où les alcools russes
effacent les pensées ressassées
d'adolescents dépassés
absorbant toujours plus,
c'est là que, lassés,
les stériles héritiers
des vices assassins
de géniteurs moyens,
désespérés, patients,
se lancent à l'assaut
d'innombrables goulots
en un saut inconscient.
Dans le flot continu
d'une vodka renversée,
un corps recroquevillé
met ses entrailles à nu.
Sous les lueurs fanées
d'un crépuscule violet,
tombe un peu plus bas
l'esprit d'un enfant-rat.
Les odeurs ammoniaques
anesthésient enfin,
jusqu'au petit matin,
les douleurs insomniaques.
Du flot hémorragique
de ce corps déchiré,
les haines accumulées,
les tessons dramatiques
s'échappent incontrôlables,
mélangeant en un cri
et douleur et mépris
d'une vie périssable.
Son âme désincarnée
contemple désabusée
le spectacle affligeant
d'un humain croupissant.
Autour de la matière
fétide et repoussante
reposent les composantes
d'un être sans prières :
l'orgueil des résistances
aux corruptions cyniques
des nectars alcooliques
jusqu'à l'accoutumance;
l'élégance surannée
d'un poison déguisé;
la cigüe de Socrate
pour remède thanatocrate.
Alors un regard fixe
dans l'attente de Charon
lance un dernier pardon
qui résonne sur le Styx.
