01 avril 2006
LECON DE GUITARE SOMMAIRE...
"Petit cours de guitare sommaire :
Une guitare...est un instrument... en forme de
guitare...qui comporte six cordes. Si l'on partage la
guitare en deux par le milieu (ce qui n'est pas à
conseiller...)
On obtient deux moitiés de guitare... et ...3 cordes
d'un côté... 3 cordes de l'autre.
Ces 3 cordes du haut s'appellent par conséquent
les basses.. en guitare "classique" !
En guitare "sommaire" on ne les appelle pas : on
les ignore !
La grosse difficulté de la guitare sommaire est
d'éviter de toucher à ces cordes du haut qu'on
appelle "les basses."
Pour ce : ne tripotons pas la guitare avec tous les
doigts...
Servons nous uniquement du pouce...
Comme son nom l'indique "Pouce" ça ne compte
pas.
Pouce, c'est pour rire : Ah ! Ah ! Ah ! Ah !...
Assez
ri : 1re leçon :
Les deux accords : en guitare sommaire, nous
avons deux accords. C'est beaucoup...
Ce n'est pas trop.
Pour effectuer ces deux accords, nous avons une
main gauche avec un pouce (qui ne compte pas...
ah ! ah !) et un index.
Avec l'index, nous viendrons appuyer sur les
cordes à proximité (c'est-à-dire pas trop loin).
Soit sur cette corde-ci (que nous appellerons la
corde "si"), soit sur cette corde-là que nous
appellerons donc la corde "mi") et, nous
obtiendrons les deux accords suivants : bling et
blang !..."
20 mars 2006
TOTO, 30 ANS, RIEN QUE DU MALHEUR...
Je
pourrais essayer de vous convaincre qu'Alain Souchon est un grand
auteur qui, sous une apparente désinvolture soigneusement entretenue, a
révolutionné l'écriture de la chanson francophone... pour celà, il
faudrait que je sois moins fatigué et que me quitte ce mal de tête qui
me vrille le cortex... oui, j'ai bien dit le cortex.
Et puis si vous n'aimez pas Souchon, franchement, là, je peux plus rien pour vous...
10 mars 2006
FRISSON...
Avez vous déjà eu des frissons, la chair de poule et des sueurs froides dans une salle de concert surchauffée? Je me rappelle de ce concert de Hubert-Félix Thiéfaine en 1995... Au milieu des volutes interlopes, Hubert nous gratifiait d'un fabuleux concert comme le sont 90 % de ses prestations (il y a des soirs sans...).Malgré deux piètres "medleys" tout à fait incongrus tant ses textes ne s'y prêtent guère, l'ambiance était des plus électriques... Soudain, le silence se fait au milieu du noir qui vient de s'imposer. Une atmosphère d'intimité s'installe autour du halo de lumière feutrée qui n'entoure plus que le chanteur. Il annonce alors : "...De Léo Ferré, La solitude…" Une musique quasi-religieuse et d'une tristesse infinie s'élève alors…
"Je suis d'un autre pays que le vôtre, d'une autre quartier, d'une
autre solitude.
Je m'invente aujourd'hui des chemins de traverse. Je ne suis plus de
chez vous.
J'attends des mutants. Biologiquement je m'arrange avec l'idée que je
me fais de la biologie: je pisse, j'éjacule, je pleure. Il est de toute
première instance que nous façonnions nos idées comme s'il s'agissait
d'objets manufacturés.
Je suis prêt à vous procurer les moules. Mais...
la solitude...
Les moules sont d'une texture nouvelle, je vous avertis. Ils ont été
coulés demain matin. Si vous n'avez pas, dès ce jour, le sentiment
relatif de votre durée, il est inutile de vous transmettre, il est
inutile de regarder devant vous car devant c'est derrière, la nuit
c'est le jour. Et...
la solitude...
Il est de toute première instance que les laveries automatiques, au
coin des rues, soient aussi imperturbables que les feux d'arrêt ou de
voie libre. Les flics du détersif vous indiqueront la case où il vous
sera loisible de laver ce que vous croyez être votre conscience et qui
n'est qu'une dépendance de l'ordinateur neurophile qui vous sert de
cerveau. Et pourtant...
la solitude...
Le désespoir est une forme supérieure de la critique. Pour le moment,
nous l'appellerons "bonheur", les mots que vous employez n'étant plus
"les mots" mais une sorte de conduit à travers lequel les analphabètes
se font bonne conscience. Mais...
la solitude...
Le Code civil nous en parlerons plus tard. Pour le moment, je voudrais
codifier l'incodifiable. Je voudrais mesurer vos danaïdes démocraties.
Je voudrais m'insérer dans le vide absolu et devenir le non-dit, le
non-avenu, le non-vierge par manque de lucidité.
La lucidité se tient dans mon froc!"
Le frisson, les sueurs froides… presque 25 ans après que Léo Ferré
l'ait écrit en 1971, ce texte surréaliste empreint de colère, de
révolte et de désespoir nous prends encore aux tripes avec la
musicalité qui caractérise toutes les œuvres de Ferré.
C'est ce soir là que j'ai rencontré Léo Ferré, comme présentés par un ami commun. C'est à partir de ce moment que je me suit lancé à la découverte de son vaste univers polymorphe, allant de ses succès publics de "Jolie Môme", "C'est extra" ou "Avec le temps" jusqu'à sa volonté de rapprocher du public des poètes comme Baudelaire, Verlaine, Rimbaud, Apollinaire et bien d'autres. Au delà de son amour des mots, Léo Ferré a exploré tous les genres musicaux, habillant ses textes de mélodies au piano, d'arrangements de Rock et de délires psychédéliques avec le groupe Zoos, ou accompagné de formations philharmoniques, marquant par là une exigence musicale qui le conduira à écrire plusieurs opéras. Le mariage douloureux de cette double exigence artistique donna naissance à quelques chef d'œuvre comme "La vie d'artiste", "Vingt ans", "La mélancolie", "Les romantiques", "Pépé", "Les anarchistes", "Le chien", "L'oppression", "Ni Dieu ni maître" et tant d'autres…
En marquant de
son empreinte le microcosme de la chanson française, Léo Ferré ouvre en
effet la voie à des artistes comme Hubert-Félix Thiéfaine qui osent
enfin offrir au public des textes matures, parfois obscurs, qui
nécessitent une ouverture d'esprit et une sensibilité particulière,
jouant plus sur les sensations et les sentiments que sur un sens précis
des mots. Thiéfaine rendait ce soir là l'hommage légitime que "La
déche, le twist et le reste" devait à "La vie d'artiste", un hommage
partagé par Dominique A, Zebda, Dyonisos, Katerine, Eiffel, ou encore
Miossec dans l'album "Avec Léo!" en 2003.
Depuis, le frisson ne me quitte plus et l'interprétation de "Des armes"
par Noir Désir attise encore un peu plus la flamme de la nostalgie de
Léo.
08 mars 2006
TIN TIN TIN...
J'ai testé les limites du
fanatisme, non dans un camps d'entraînement afghan mais dans ma
dévotion à un artiste. Parmi les histoires sordides de vieux couples,
celle que je vis depuis ¼ de siècle avec Renaud se pose en mètre
étalon.
D'aussi loin que je me souvienne, ses chansons ont accompagné
mon enfance comme elle ont marqué la fin des années 70 et les décennies
qui ont suivie. Des mélodies joyeuses et des textes qui semblaient
drôles comme des gros mots à table me reviennent en mémoire quand
résonnent les premières mesures de "Laisse béton".
Entre la légende du
loubard et les rumeurs d'impostures, on trouve un artiste à cheval
entre 2 mondes, l'ouvrier et le bourgeois, si attiré par l'univers de
la rue qu'il s'y est immergé jusqu'au mimétisme pour mieux s'en
imprégner et donner naissance à ses premières chansons baignant dans un
fantasme de titi parisien et de début de siècle pittoresque et
anachronique. C'est probablement son adoption tardive par la rue qui
lui donne ce statut privilégié de témoin et de raconteur d'histoires
dont le 2° degré empreint de tendresse n'est pas absent. Tout au long
de sa carrière, Renaud ne s'interdira cependant pas d'évoluer et
d'explorer d'autres voies. Les années 80 le voient arborer le blouson
de cuir noir des loubards de l'époque bientôt remplacé par le pull du
marin amoureux de la terre plus que du béton et du macadam, puis
revendiquer un héritage protestant et ch'timi en faisant l'acteur dans
"Germinal" pour Claude Berri. A la croisée de tous ces chemins se
rencontre un chanteur qui fait ce que devrait faire tout artiste : se
chercher, se renouveler, se battre, se tromper, s'effondrer, se relever
et toujours s'émouvoir, fragile, faillible, humain.
Quelles que
soient les objections que l'on puisse faire sur son œuvre, on ne
saurait enlever à Renaud la sincérité dans ses choix artistiques et
politiques. Il n'était sûrement pas très vendeur pour sa maison de
disques de se lancer dans le pari d'albums de chansons réalistes du
début du siècle, de reprises de Brassens ou de chansons en ch'timi,
mais que ce soient "Les petits bals du samedi soir", "Renaud chante
Brassens" ou "Renaud cante el' Nord", tout en contribuant à la
connaissance d'un patrimoine qui lui est cher, Renaud a su se faire
plaisir en espérant qu'un public le suivrait. De même, ses
enthousiasmes, ses révoltes et ses combats, quoi qu'on puisse les taxer
de naïveté, se sont en tout cas exprimés dans l'action, qu'il s'agisse
de ses chansons pour l'Ethiopie ou pour la libération d'Ingrid
Bétancour, dans son soutien public à des associations écologistes qui
lui ont valu d'être emmené manu militari par les forces de l'ordre lors
de manifestations, ou de l'utilisation de sa notoriété pour donner un
écho médiatique aux causes qui lui sont chères susceptibles de sombrer
dans l'oubli.
Sans plus
d'amour ni d'inspiration, Renaud vient de traverser 10 ans d'enfer
livré à ses démons de l'alcool et de la cigarette. In extremis, un
nouvel amour semble l'avoir extirpé un tant soit peu de ses conduites
addictives et suicidaires. Après le boucan d'enfer qui a marqué sa
résurrection, un nouvel album de 22 chansons (!) devrait sortir en
avril 2006. Au delà du plaisir évidant et du soulagement de retrouver
un vieux copain qui s'était perdu et que l'on voyait s'enfoncer
inexorablement dans le désespoir sans pouvoir rien y faire, le succès
considérable de "Boucan d'enfer" a marqué pour moi le retour d'un
artiste convalescent à la plume engourdie mais encore capable de
quelques fulgurances.
Pour "Baltique" surtout, pour "Manhattan-Kaboul" aussi, par la grâce
des musiques d'Alain Lanty et Jean-Pierre Bucolo, pour l'album simple
et touchant de Romane Serda, je serai au rendez-vous des fans
acharnés, mais hélas, quelques angoisses ne me quitteront pas. Pour ce
nouvel opus que Renaud annonce déjà comme moins impudique et plus
engagé, l'inspiration lui étant revenue, je ne saurai me départir
d'une exigence légitime sur les performances littéraires et vocales du
chanteur énervant. Sans attendre des vocalises lyriques et simplement
par ce qu'il est un chanteur professionnel au même titre qu'un artisan
consciencieux qui prends soins de ses outils, que des "coach" vocaux
sont à son service et qu'il a les moyens de soigner ses cordes vocales
défaillantes et de chanter en rythme, je me permettrai d'espérer que
le plaisir d'entendre ses nouveaux textes ne tiendra pas qu'aux
miracles technologiques permis par les studios modernes, et que les
concerts qui suivront ne seront pas que soutien technique et indulgence
d'un public acquis à son idole...
... parce
que celui qui nous a offert des textes aussi émouvants, drôles,
révoltants, lucides et inventifs que ceux dont les titres suivent
nous a déjà prouvé la qualité ce qu'il portait en lui et ce qu'il
pouvait donner à un public...
Hexagone
Les charognards
La tire à Dédé
C’est mon dernier bal
Marche à l’ombre
La teigne
Où c’est qu’j’ai mis mon flingue
Baston !
Mimi l’ennui
Banlieue rouge
Manu
Oscar
La blanche
Etudiant poil aux dents
Deuxième génération
Morgane de toi
En cloque
Déserteur
La pêche à la ligne
Mistral gagnant
Morts les enfants
P’tite conne
Rouge-gorge
P’tit voleur
Le tango des élus
500 connards sur la ligne de départ
Tant qu’il y aura des ombres
La médaille
Manhattan-Kaboul
Baltique
27 février 2006
A UNE VOIX PRES...
Il n'aura échappé à aucun de mes fiévreux lecteurs que "blog + 10..." a
été écrit le 11° jour. Dans un soucis de cohérence qui survit à ce 13°
jour épuisant, ce "BLOG +12..." vous révélera hélas le terrible dilemme
qui m'habite... dois-je sacrifier à la supplique populaire qui
m'implore une 13° chronique, brillante et audacieuse, la qualité de mon
sommeil et la précision des mots qui caractérise le récit de mes
engouements culturels, pour bâcler quelques sentences lourdes de lieux
communs et salir jusqu'au blasphème les fulgurances de l'âme par
d'autres versées?
Il est heureusement des musiques venues des nuées qui viennent vous
chercher dans les plus profondes abysses et vous remontent à la lumière
en vous portant sur des harmonies électriques guidées par une voix tour
à tour rageuse ou angélique, habitée par la grâce.
Jeff Buckley, pris à son tour par les abysses du Mississipi, est devenu
immortel par sa musique qui n'en finit pas de nous hanter. Le frisson
qui nous parcours encore 12 ans après l'avènement de "Grâce" est le
signe des chef d'œuvres qui transcendent l'humanité.
Ses propres textes ou les 3 reprises de L. Cohen, J. Shelton et B.
Britten sont métamorphosés par la sensibilité d'un artiste torturé mais
généreux qui ne vous laisse aucun répit, aucune échappatoire et échange
l'impudeur de son âme contre les larmes qu'il fait naître des nôtres.
Portés par une quête de sérénité qu'écorchent d'incontrôlables accès de colère et des riffs ravageurs, battus par les rythmes en cascade les emportant dans des torrents de pierres, les éclats vocaux se tempèrent alors et cèdent la place aux confidences murmurées d'un homme apaisé un temps par la foi en de sincères affections… une foi qu'il nous lègue en guise de "last goodbye from an eternal life".
24 février 2006
ATTA-CHANTE...
Dans quelque mélopée cabalistique peut se cacher un remède contre le cafard: le "bourdon" de Camille vous hypnotise et vous entraîne dans les méandres des mélodies rares, fragiles, foisonnantes de rythmes venus du monde entier et du fond de sa gorge, du bord de ses lèvres ou du creux de ses mains.
Bercé
par la voix tour à tour ingénue, impertinente, ironique, nostalgique ou
brisée de Camille, on se trouve vite étreint, intime avec ses textes si
fermés qu'ils sont autant de portes ouvertes sur nos propres émotions.
Avec parfois la rudesse d'un clown névrosé, Camille vous apprivoise et
vous enveloppe d'une douce chaleur de petite sœur attachante et
gentiment peste… elle nous entraîne dans les arcanes des amours
défuntes, des envies de fuir l'ennui et la normalité, de se laisser
déborder par une folie effervescente et ludique débarrassée de la
gangue des conventions sociales.
Le poids des solitudes est soluble dans la complicité avec celle qui
s'abandonne, chante nue et tombe avec la nuit après être venue, un
instant, prendre nos douleurs…
23 février 2006
REMUE AU LITHIUM...
Entre la séduction immédiate du chanteur sympathique qui parle avec douceur et mesure de vos petits travers quotidiens et la quasi idolâtrie du fanboy de base tout entier acquis à la cause de l'idole à laquelle il pardonnerait (presque) tout, émerge parfois une séduction distante et muette empreinte de méfiance et d'insécurité.
En 1999, pour son 4° album officiel, Dominique A. torture et heurte
les notes et les instruments, déchire les sons dans l'urgence et le
refus de la mélodie inoffensive, comme en représailles à la séduction
des mélodies indolentes sophistiquées de "la mémoire neuve" et son
tubesque "twenty-two bar" sorti 4 ans auparavant.
Le métal tordu et les aciers percutés d'une atmosphère industrielle
électrise de tristes bilans de vie, des constats d'échecs et des aveux
de lâcheté. Une colère froide remue vos propres souvenirs maussades
d'une rage douloureusement retenue, et les mots qui échappent aux dents
serrées sont autant de gouttes d'acides sur un passé dont n'affleure
qu'un terrible mépris pour l'humain fugacement sauvé par des affections
condamnées qu'il vaut mieux consommer au plus vite avant qu'elles ne se
consument.
La catharsis se prolonge tout au long des 14 titres tendus de "Remué"
dont on en sort laminé après une plongée au cœur des ténèbres du
Nantais en écho aux nôtres, un paroxysme de noirceur qui permet peut
être d'aborder avec une humeur un peu plus égale les rivages d'"Auguri"
en 2001, le Lithium faisant finalement son effet.
Après l'espoir de 2004 que "Tout sera comme avant", Dominique A. nous
invitera à "L'horizon" de 2006.









